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Le rôle des forces de défense et de sécurité burundaises dans la gestion des mémoires blessées

Un atelier stratégique  de deux jours et de thème cité ci-haut a été organisé par la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi (CVR)  à l’endroit des forces de défense et de sécurité  en vue de trouver ensemble le rôle de ces dernières dans la réconciliation du  peuple burundais et l’intégration dela prévention  d’une répétition des tragédies qui ont endeuillé le pays dans les années antérieures. Les activités y relatives ont eu lieu à l’hôtel Royal Palace aux dates du 11 et 12 Septembre 2017.  Etaient invités dans cet atelier les hauts gradés des deux corps à commencer par le chef adjoint de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) ainsi que l’inspecteur général de la Police Nationale du Burundi(PNB), et bien d’autres.

«Toute communauté humaine fonctionne sur la capitalisation des  différents événements qui jalonnent son itinéraire historique et qui sont progressivement constitués en  archives culturelles; événements qui, à la longue finissent par  créer des réflexes de protection mais aussi des réflexes de sécurité et qui peuvent conduire parfois  à un fonctionnement inadéquat   de l’espace public. Car, en effet,  les blessures et les humiliations du passé ont un grand impact sur la mémoire des populations».  C’est cette pesanteur d’un passé douloureux et qui a été due à la faute d’initiative collective des responsables qui, par après travaille les esprits et se cristallisent même. C’est sur ces termes que monseigneur Louis Nahimana, président de la CVR Burundi a déclaré ouvert l’atelier stratégique à l’endroit de ces deux forces.

Après les propos du président de la CVR Burundi, monsieur Freddy Nkurikiye, représentant du Centre de Dialogue Humanitaire pour l’Afrique, lui, a pris la parole et a donné l’orientation ainsi que les principaux objectifs de cette activité, y compris le pourquoi de cette inclusion des membres de ces deux corps. Pour lui, « L’intérêt d’avoir les forces de défense et de sécurité pour s’entretenir ou créer cet espace pour la gestion des mémoires blessées,  peut interroger mêmesur la nécessité de les impliquer dans un processus de justice transitionnelle et cela répond aux piliers même d’un processus de cette justice qui sont au nombre de quatre à savoir le droit à la vérité, le droit  à la justice, droit aux réparations, et enfin le droit à la sécurité. » Voilà la raison même d’avoir invité ces corps à prendre part dans cet atelier.

Le chef adjoint de la FDNB, le Général Major Joseph Ndayishimiye ainsi que l’Inspecteur général de la PNB le Commissaire de police André Ndayambaje ont alors contribué sur ce thème et ont montré que réellement ces deux forces sont désormais à mesure de prévenir tout défis pouvant replonger le pays dans le noir. Cela est dû aux réformes qui sont sorties après les accords d’Arusha avec la nouvelle organisation de ces corps,  y compris l’instruction aux valeurs professionnelles afin de faire de ces corps une force de l’ordre modèle. Sur ces propos, se sont rejoints d’autres participants qui  ont démontré que ces deux corps ont marqué un pas de géant dans la réparation des mémoires surtout avec l’intégration de l’armée nationale. D’autres facteurs qui ont été cités sont entre autres la cohésion des membres, le professionnalisme des corps, la neutralité  politique, mais aussi l’esprit de s’ouvrir  à l’autre; ce qui rassure la population et fait naître une compréhension partagée des faits et en même temps étant conçue comme thérapie pour le monde blessé.

A la fin de l’atelier,  les participants ont été scindés en trois groupes avec trois questions de réflexion à traiter. Il s’agissait entre autre de traiter si ces corps restent jusqu’aujourd’hui affectées par des violences commises depuis l’indépendance, comment la charge mémorielle de ces violences compliquent la réalisation des missions leur assignées et enfin, comment ces forces, à partir de toutes ces violences, elles parviennent à intégrer la prévention des répétitions des tragédies qui ont endeuillé le pays. Le président de la commission CVR a alors vivement remercié tous les participants et leur assiduité durant toute la séance. Tel a été le même constat pour le représentant du centre de dialogue humanitaire pour l’Afrique, qui a fait savoir que le pas franchi par les forces de  défense et de sécurité est sans doute un signe éloquent pour éviter la répétition des de tragédies antérieures.

 

                                                                                                  Lt. Nzambimana, N.

 

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