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Editorial

De la cohésion militaire à la cohésion nationale

Pour les militaires, la cohésion  n’est pas un mot simple comme certains pourraient le penser. Il s’agit d’une valeur
emblématique de l’institution qu’ils représentent qu’est la Force de Défense Nationale (FDN) pour le cas de notre pays, le Burundi.   Il existe des liens qui unissent les militaires entre eux comme membres d’une communauté bien soudée ayant une même vision ; celle  de «  défendre la nation, la population et ses biens jusque même au sacrifice suprême ». Ainsi, il s’organise au sein de l’armée,  un système de liens qui comportent plusieurs dimensions, rattachant l’individu à plusieurs communautés : Esprit de corps, solidarité, expérience commune étant les caractéristiques de la cohésion,  désignant ainsi les liens de solidarité et de fraternité qui soudent  les membres d’une même unité, d’une même arme ou d’une même armée.Le corps de l’armée est bien structurée depuis la base au sommet et chaque membre a une fonction bien précise. Les ordres  s’articulent à chaque niveau de commandement et doivent être clairs et concis. Leur exécution  est caractérisée par une compréhension commune (l’objectif  commun : ennemi commun),  une solidarité sans faille, dans une véritable fraternité d’armes qui transcende les niveaux hiérarchiques. Cette solidarité s’obtient à la fois par le professionnalisme rigoureux et par des liens affectifs puissants nourris par une identité collective forte, l’esprit de camaraderie, l’attention aux autres et la bonne humeur (Armée,2002). Le comportement des membres de la FDN dans les missions de maintien de la paix en démontre suffisamment,  c’est un acquis qu’il faut à tout prix sauvegarder. L’appréciation positive de la FDN par la communauté internationale devrait servir de modèle à la classe politique burundaise pour construire notre nation au lieu de penser à la détruire.   Cette appréciation ne pourrait pas se concrétiser sans cohésion. Cette cohésion, tant synchronique que diachronique, se trouve doublée et renforcée, dans les discours officiels de l’institution par le haut commandement de la FDN, par le « lien armée-nation », où elle vient puiser à la fois sa légitimité et sa signification symbolique. Le Général français Bachelet (1999) insistait sur  le rôle indispensable de l’esprit de corps dans une armée.

Il est important de rappeler le rôle de l’officier pour enraciner toutes ces valeurs. L’officier doit commander, c’est-à-dire décider et convaincre ses subordonnés. Il concourt à la décision de son chef en lui apportant les éléments dans la limite de sa compétence. Même lorsqu’il exerce un commandement, l’officier a pour charge d’informer les échelons supérieurs de tous les faits qui peuvent éclairer la décision. Ces qualités indispensables dans la subordination ne le sont pas moins dans l’exercice de l’autorité. Si l’officier est par essence un homme d’action, il est aussi nécessairement un homme de communication. Le recoupement entre les techniques d’expression et la cohésion s’opère dans la formation des officiers : Raisonner et s’exprimer  sont des  actes élémentaires du commandement.  Il ne faut pas être sectaire vis -à -vis de la société. Il ne faut pas se couper des problèmes de cette société. L’armée ne peut ni ne doit constituer un monde à part. Comme la défense est l’affaire de tous (article 72 de la Constitution  du Burundi), il faut que les membres de la FDN  contribuent à collaborer positivement avec les autres acteurs de la sécurité dans le cadre de la quadrilogie. Lorsqu’un problème relatif à la sécurité est posé, l’armée est appelé d’ y  apporté une réponse adéquate en s’attachant sur l’unité et la cohésion du corps.

Le style militaire doit être  clair, précis  et concis ; tels sont les adjectifs les plus fréquents pour qualifier le style militaire, qu’on doit d’efforcer de  resserrer autour d’un  message.

La justesse de l’expression apparaît comme un moyen de lutter contre les incertitudes du sens, représentées comme des ennemis, qui guettent et menacent la communication, prêts à s’infiltrer dans le message pour le désagréger ; il faut s’exprimer sans ambiguïté et laisser le moins de prise possible à l’erreur d’interprétation. Le général de Gaulle a écrit dans Le Fil de l’épée qu’il y avait incompatibilité entre le militaire et l’homme d’état. C’est parce que pour un chef militaire ce qui est blanc est blanc, ce qui est noir est noir. Pour un politique, tout est gris. (Morillon, 1998).

Col. Baratuza, G.

 

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